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C’est fou comme les drames rapprochent les gens. Même si tout le monde est secoué, ce qui parfois conduit à des disputes -quoi que ce terme soit trop fort- comme avec Vlad ou Kahu, on se parle, on s’épaule, on échange... Et pourtant, je sentais confusément que tout ne se passait pas normalement avec l’un d’entre nous : Dean.
J’admets ne pas assez le connaître pour prétendre détecter un changement réel de sa personnalité, mais quand même ça ne finissait pas de me taquiner, comme un nom qu’on a sur le bout de la langue mais qui ne veut pas sortir alors que c’est le moment où jamais. Et comme d’habitude, c’est quand on finit d’essayer de se rappeler qu’on s’en souvient.
« Tu sais, Dean, l’ai-je abordé une fois compris ce qui me tarabustait, inutile de jouer au grand frère solide comme un roc. Toi aussi tu as le droit de dire que la mort de M. Lameth t’a secoué.
- De quoi tu parles, Silène ?
- Je sais que tu souffres. Regarde, la preuve : tu m’appelles Silène au lieu de balancer un de tes surnoms blessants, comme le “Professeur X” de notre rencontre. Ca fait des jours que tu ne chambres plus personne ! »
Le beau gosse du chalet m’a souri. Tristement, mais c’était un sourire quand même. C’était sa façon de me dire que j’avais vu juste.
Depuis, j’ai été surnommée « Hot wheels » et « Running man » : tout est revenu à la normale... pour le meilleur et pour le pire ! ![]()
« Frapper l’ennemi, c’est bien. Frapper l’imagination, c’est mieux. »
Jean de Lattre de Tassigny